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Sédiments de dragage : quelles solutions de valorisation ?

L'entretien des ports, des chenaux de navigation, des canaux et des plans d'eau impose de draguer régulièrement les sédiments qui s'y accumulent. Lorsqu'ils ne peuvent pas être remis dans le milieu aquatique, ces matériaux doivent être gérés à terre. Plutôt que de les stocker, il est souvent possible de les valoriser.

D'où viennent les sédiments de dragage ?

Les sédiments sont des particules minérales et organiques (sables, limons, argiles, matière organique) transportées par l'eau et déposées au fond des cours d'eau, des ports et des retenues. Leur accumulation réduit le tirant d'eau, gêne la navigation et peut perturber l'écoulement des eaux. Le dragage permet de rétablir les fonctionnalités de ces ouvrages.

Selon leur origine, les sédiments présentent des caractéristiques très différentes :

  • sédiments marins et portuaires : souvent fins, chargés en sels et parfois contaminés par les activités portuaires ;
  • sédiments fluviaux et de canaux : de granulométrie variable, ils peuvent contenir des polluants hérités de l'activité industrielle en amont ;
  • sédiments de plans d'eau et de bassins : souvent riches en matière organique.

Le cadre réglementaire

Les sédiments déplacés au sein des eaux de surface dans le cadre de la gestion des eaux et des voies d'eau peuvent être exclus du statut de déchet, s'il est prouvé qu'ils ne sont pas dangereux. Dès lors qu'ils sont gérés à terre, en revanche, ils deviennent des déchets et relèvent de la réglementation correspondante.

L'arrêté du 9 août 2006 fixe des niveaux de référence pour apprécier la qualité des sédiments : niveaux N1 et N2 pour les sédiments marins et estuariens, niveau S1 pour les sédiments extraits de cours d'eau et de canaux. Ces seuils orientent les choix de gestion. Comme pour les terres excavées, les mouvements de sédiments doivent être déclarés dans le registre national dédié (RNDTS).

Les étapes de la valorisation à terre

1. La caractérisation

Tout projet commence par une campagne d'analyses : granulométrie, teneur en eau et en matière organique, salinité, métaux, HAP, PCB, tributylétain pour les sédiments portuaires. Ces données conditionnent le traitement et les débouchés possibles.

2. La déshydratation

Fraîchement dragués, les sédiments contiennent une grande quantité d'eau. Plusieurs techniques permettent de les rendre manipulables :

  • le ressuyage naturel en bassin, simple mais consommateur d'espace et de temps ;
  • les géotubes, qui retiennent les particules tout en laissant s'écouler l'eau ;
  • la déshydratation mécanique par filtre-presse ou centrifugeuse, plus rapide et adaptée aux volumes importants.

3. Le traitement

Selon la nature des sédiments, plusieurs traitements peuvent être combinés : séparation granulométrique pour isoler les fractions sableuses, dessalement des sédiments marins, traitement biologique des pollutions organiques ou stabilisation aux liants hydrauliques.

4. La valorisation

Une fois traités, les sédiments peuvent être utilisés :

  • en technique routière, en couche de forme ou en remblai ;
  • en aménagement paysager, pour des merlons ou des modelés de terrain ;
  • dans la fabrication de certains matériaux de construction ;
  • pour la fraction sableuse, en substitution de sables naturels.

Lorsque les critères de l'arrêté du 4 juin 2021 sont respectés, les sédiments préparés peuvent sortir du statut de déchet. Ils deviennent alors des matières premières secondaires à part entière.

Le point clé : la réussite d'un projet de valorisation de sédiments dépend surtout de l'anticipation. Plus la filière est définie tôt, plus il est possible d'adapter le mode de dragage et la logistique pour réduire les coûts.

L'expertise Solvalor sur les déchets aquatiques

Solvalor traite les déchets aquatiques, sédiments et boues, en s'appuyant sur ses plateformes implantées à proximité des voies d'eau et du littoral, comme Solvalor Aquitaine au Teich ou Solvalor Seine à Sotteville-lès-Rouen. Notre capacité de transport fluvial et maritime permet d'acheminer les sédiments au plus près de leur lieu de traitement. Notre laboratoire d'essais et nos installations pilotes nous permettent de tester les procédés de traitement les mieux adaptés à chaque gisement.

Questions fréquentes

Les sédiments de dragage sont-ils des déchets ?

Les sédiments déplacés au sein des eaux de surface pour la gestion des eaux et des voies d'eau peuvent être exclus du statut de déchet s'il est prouvé qu'ils ne sont pas dangereux. En revanche, les sédiments gérés à terre sont des déchets et doivent être traités dans des filières autorisées.

Comment déshydrater des sédiments de dragage ?

Plusieurs techniques existent : le ressuyage naturel en bassin, les géotubes qui filtrent l'eau à travers une membrane, ou la déshydratation mécanique par filtre-presse ou centrifugeuse. Le choix dépend du volume, de la granulométrie et des délais du projet.

Les sédiments marins peuvent-ils être valorisés ?

Oui, à condition de maîtriser leur teneur en sels, qui peut nécessiter un dessalement, ainsi que leur éventuelle contamination. Une fois traités, ils peuvent notamment être utilisés en technique routière ou en aménagement.